Vue du
Sanctuaire
Notre-Dame-du-Laus




Portrait de
Benoîte Rencurel

Le Sanctuaire d'hier à aujourd'hui

Au-dessus du village de Saint-Étienne-le-Laus, petit village appartenant alors au diocèse d’Embrun, au mois de mai 1664, la Vierge Marie apparaît à une bergère de 17 ans, Benoîte, habitant avec sa famille au village. Pendant quatre mois, chaque jour, Benoîte conduit le troupeau du voisin à l’endroit même où elle rencontre la “Belle Dame”. Celle-ci la prépare à devenir un témoin privilégié de la grâce de la conversion.
“Je suis Dame Marie, la Mère de Jésus…”

À partir de l’automne, c’est dans le hameau du Laus, en face de Saint-Étienne, que la Vierge Marie lui donne rendez-vous : elle lui demande alors la construction d’une église, avec une maison pour les prêtres. Le but de cette initiative qui prendra rapidement corps est d’y attirer les chrétiens désireux de vivre un chemin de conversion, notamment par le
sacrement de la confession.
Depuis les origines du pèlerinage, les guérisons physiques et morales ont été accordées en grand nombre, notamment par les onctions de l’huile de la lampe du Sanctuaire appliquées avec foi, selon le conseil que la Vierge Marie elle-même donna à Benoîte.

Benoîte mourra à 71 ans, usée par l’austérité de sa vie, reconnue par tous comme une sainte pour la ferveur de sa prière, sa patience et sa douceur dans l’accueil des pèlerins, son obéissance à l’Église. Un signe qui en dit long : alors que les forces de Benoîte laissaient prévoir sa mort imminente, les prêtres présents à son chevet lui demandèrent avec insistance de les bénir. Le Sanctuaire est devenu le centre spirituel du diocèse de Gap, et, sans interruption, une équipe de prêtres du diocèse, de religieux, de religieuses, de laïcs se mettent au service des pèlerins, soit sous la forme d’un accueil individuel et ponctuel, soit à l’occasion de retraites, sessions, groupes d’aumônerie.

Le message hier et aujourd’hui
“J’ai demandé le Laus à mon Fils et il me l’a accordé”
Depuis les premières prédications du Christ, l’exigence de conversion continuelle accompagne la marche de l’Église. Les chrétiens doivent en entendre régulièrement l’appel. La “ grâce du Laus ” est de rendre la démarche de conversion plus aisée et plus complète, en particulier dans le sacrement du pardon, la confession. Ce que Marie a appris à Benoîte demeure valable aujourd’hui : on ne se convertit vraiment qu’en étant encouragé par la douceur de la miséricorde. La présence maternelle de la “Mère de Dieu” agit en ce sens avec une force palpable. C’est pourquoi on aime l’appeler ici :Refuge des pécheurs”.


Venir en pèlerinage
“Elle a destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs”
C’est d’abord entendre l’appel à la conversion. D’une manière soudaine, inattendue, ou parce qu’on sent que c’est l’heure, que le temps est venu de mettre de l’ordre dans la vie, de donner davantage de place à la Lumière, à Dieu, au Christ, au Bien, aux autres. On peut aussi ressentir qu’il devient indispensable de donner le pardon à quelqu’un, ou de se libérer d’une faute du passé qui nous pèse, et qu’on avait du mal à regarder en face. L’heure est venue de s’en défaire dans l’aveu sacramentel et libérateur.
Puis, sûr de la grâce de Dieu et de sa miséricorde, c’est laisser derrière soi ce qui fait obstacle au chemin de Lumière et d’Amour, pour “repartir du Christ” (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique “Au début du nouveau millénaire”) avec l’aide de son Esprit. Le déplacement géographique symbolise le changement de vie.


Benoîte Rencurel
Benoîte, membre du Tiers-Ordre dominicain dès les débuts de l’histoire du Laus, demeure présente par son témoignage de communion intense avec le Christ et de disponibilité dans l’accueil des pèlerins.
Aujourd’hui encore, les témoignages de grâces de conversion ne manquent pas, dans la ligne de celles qu’on observait du temps de Benoîte, au siècle de Louis XIV, du jansénisme et des guerres de religion. Durant 51 ans, Benoîte, qui ne savait ni lire ni écrire, a sans doute été “un des ressorts les plus cachés et les plus puissants de l’histoire de l’Europe” (Jean Guitton).